lundi, 30 mars 2009

Philippe Etienne sera le nouveau représentant permanent de la France auprès de l'UE

L'actuel directeur de cabinet de Bernard Kouchner succédera à Pierre Sellal le 14 avril.


EN BREF


Selon des sources concordantes, mais non confirmées par le Quai-d’Orsay, Philippe Etienne sera le nouveau représentant de la France auprès de l’UE dès le 14 avril. Il remplacera Pierre Sellal, en poste depuis mai 2002, et qui deviendra secrétaire général du ministère des Affaires étrangères.

 

Formé à l’Ecole Normale d’Administration (ENA) la même année que François Hollande, Jean-Pierre Jouyet, Dominique de Villepin, Ségolène Royal ou Pierre Mongin, il a déjà été en poste à Bruxelles deux fois dans sa carrière (1988-1991 puis 1997-2002). Depuis mai 2007, il est directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères et européennes Bernard Kouchner.

 

Pour vous donner une idée de la valeur de cette homme, je vous libre ici son C.V:

 

  • Normalien puis professeur de mathématiques, 1974-1977;
  • élève de l'ENA, 1978-1980;
  • nommé secrétaire des Affaires étrangères, 1er juin 1980;
  • à l'administration centrale (Europe), juillet 1980;
  • deuxième puis premier secrétaire à Belgrade, 1981-1983;
  • à l'administration centrale :
    • (Méthodes-Formation-Informatique), 1983-1984;
    • (Archives et documentation), 1984-1985;
  • premier secrétaire à Bonn, 1985-1987;
  • conseiller technique au cabinet du ministre délégué chargé des affaires européennes Bernard Bosson, 1987-1988;
  • deuxième conseiller à la représentation permanente de la France auprès des Communautés européennes à Bruxelles, 1988-1991;
  • chef des services culturels, scientifiques et techniques à Moscou, 1991-1994;
  • Chevalier de l'ordre national du mérite, 14 mai 1994;
  • à l'administration centrale (Coopération européenne):
    • sous-directeur des relations extérieures de la communauté, 1994-1995;
  • directeur adjoint du cabinet du ministre Hervé de Charette, 1995-1997;
  • premier conseiller puis ministre-conseiller à la représentation permanente de la France auprès de l'Union européenne à Bruxelles, 1997-2002;
  • ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire à Bucarest, de septembre 2002 à décembre 2004;
  • Chevalier de la Légion d'honneur, 11 juillet 2003.

Quelles sont les propositions du MoDem aux élections européennes?

Et les européennes dans tout ça? Difficile encore d'établir les programmes des différentes forces en présence à l'approche des échéances électorales européennes! Dans leurs interventions, François Bayrou et la numéro 2 du parti et tête de la liste Ile-de-France Marielle de Sarnez ont tracé des axes pour la campagne qui commence. la voici en détail pour ceux que cela intéresserait! J'attends vos réactions!

 

. Gouvernance économique: Réformer l’Eurogroupe «pour lui donner plus de poids», créer d’un fonds d’investissement et doter l’UE d’instruments lui permettant d’emprunter.

 

. Europe sociale: «L’Europe doit défendre l’idée que tout ne relève pas du secteur marchand»: l’éducation, la santé, la formation, la Poste et les transports de proximité doivent être «préservés».

 

. Environnement: Imposer les mêmes normes à tous, notamment sur le plan environnemental. Faire intégrer à l’OMC de nouvelles exigences environnementales, sanitaires et sociales.

 

. Système financier: Création d’un régulateur européen «à même de discuter avec les grands régulateurs de la planète», interdire aux institutions financières de travailler avec les paradis fiscaux, «défendre la logique d’entreprise contre la seule logique des actionnaires».

 

. Développement: Préserver la capacité de l’Afrique à l’autosuffisance, renforcer le poids de l’Europe sur la scène internationale.

 

. Parlement européen: Faire de Strasbourg le siège unique du Parlement européen.

jeudi, 13 novembre 2008

La social-démocratie en crise d'identité

 

 

 

 

v_6_ill_708605_bergounioux.jpgDans une tribune intitulée "La social-démocratie sera européenne ou ne sera plus" (25 octobre), Alain Bergounioux et Gérard Grunberg estiment que la crise financière fournit à la social-démocratie une chance de redevenir une force politique "utile", à condition que celle-ci "assume intellectuellement et politiquement ses responsabilités dans la crise". C'est un fait : la social-démocratie européenne traverse une crise existentielle majeure.

 

En Europe, les formations qui en sont issues ont perdu treize des quinze derniers scrutins. Quand elles sont encore au pouvoir, leur politique est fortement impopulaire (c'est le cas de la Grande-Bretagne et de l'Allemagne). Dans l'opposition, ces partis, pourtant confrontés à de nouvelles droites dures, sont inaudibles, jugés peu crédibles par le public (France, Italie).

 

Dans un monde économique qui change, MM. Bergounioux et Grunberg affirment inlassablement que le renouveau social-démocrate passe par la fidélité au "cheminement idéologique" qui est la cause de son déclin ! Dans l'avant-congrès de Reims, ils mettent en garde les socialistes contre toute "dérive anticapitaliste ou altermondialiste". Ils oublient de préciser que le socialisme est né comme antithèse du capitalisme et que, depuis le congrès de Tours en 1920, sa famille réformiste n'a cessé de vouloir le transformer démocratiquement, pas à pas. Il est étrange que les auteurs ne mentionnent nulle part la "nouvelle" social-démocratie qui est apparue en catimini dans les années 1980.

 

A l'occasion d'expériences gouvernementales en France, en Espagne et en Grèce, cette gauche "moderne" a contribué à l'avènemenGrunberg4.jpgt du capitalisme financier en déréglementant les marchés financiers. Elle a privatisé le système bancaire et les entreprises stratégiques et s'est appropriée - sans jamais le reconnaître - le prêt-à-penser néolibéral de ses adversaires de droite. Cette posture hypocrite a cessé avec l'arrivée au pouvoir de Tony Blair en 1997. Ce dernier a revendiqué un accompagnement décomplexé de la mondialisation néolibérale : soutien à la dérégulation des marchés, baisses d'impôts sur les hauts revenus, flexibilité du marché du travail, privatisations et démantèlement du Welfare State (Etat-providence).

 

La troisième voie blairiste a suscité l'admiration de la social-démocratie dans son ensemble au point que le Parti des socialistes européens n'a pu se résoudre à condamner l'invasion de l'Irak ! Dans les années 1997-2006, la social-démocratie a ânonné dans chaque langue nationale le mantra blairiste : "Il n'y a pas de politiques économiques de gauche ou de droite, il n'y a que des politiques qui marchent et d'autres qui ne marchent pas." C'est pour avoir voulu implanter un tel "logiciel" que les candidats socialistes aux présidentielles de 2002 et 2007 furent sévèrement battus. Faut-il vraiment persévérer dans une voie qui a conduit à ces échecs cuisants, à l'heure où la nouvelle droite elle-même découvre les vertus de l'interventionnisme public face aux défaillances du marché ?

 

Drapeau_Europesoleilbleu.jpgSelon Alain Bergounioux et Gérard Grunberg, le sursaut de la social-démocratie passe par la réactivation du "projet politique européen". Mais comment une social-démocratie crispée sur une stratégie dépassée pourrait-elle réussir demain là où elle a lamentablement échoué hier ? En 2000, l'agenda de Lisbonne proposait un ensemble de "réformes structurelles" devant permettre à l'Europe de devenir une zone de forte croissance. En 2002, le Conseil européen de Barcelone à majorité social-démocrate décidait de libéraliser le marché de l'énergie et l'ensemble des services publics, de repousser l'âge de la retraite de cinq ans et apportait son soutien aux fonds de pension.

 

En 2005, la stratégie de Lisbonne renouvelée proposait d'institutionnaliser la rigueur budgétaire, 06-02-07%20Strat%20Lisbonne%2086.red.JPGd'accentuer la flexibilisation du marché du travail, de prolonger la modération salariale. Avant même le déclenchement de la crise financière, l'Europe est devenue la zone où la croissance est la plus faible du monde et où l'ouverture à la concurrence s'est avérée incapable de stimuler l'investissement dans l'économie de la connaissance. Contrairement à ce que suggèrent les deux auteurs, ce n'est pas la crise de la construction européenne qui a affaibli la social-démocratie. C'est la crise idéologique et politique de la social-démocratie qui a précipité l'Europe dans une spirale récessive et antisociale dont se défient aujourd'hui les peuples.

 

Pour éteindre l'incendie financier, la mise en oeuvre du plan Brown déroge à tous les canons de la pensée blairiste. Mais la social-démocratie ne doit pas se contenter d'applaudir la socialisation sans contrepartie des dettes de jeu du capitalisme financier, en réclamant la poursuite des "réformes structurelles". Elle serait d'autant plus inaudible que la droite saisit l'aubaine de la crise pour justifier l'achèvement desdites réformes et rendre irréversible le détricotage des instruments de contrôle public de la production et de la répartition des richesses.

 

C'est un véritable New Deal qu'il faut proposer pour sortir l'Europe de la récession. Un programme de grands travaux doit s'organiser autour de la modernisation des infrastructures et des services publics (transports, communication, hôpitaux, écoles, universités). Le chantier des énergies renouvelables doit enfin être réellement creusé. Les ressources financières et industrielles, les compétences des chercheurs doivent être mobilisées à ces effets. En attendant les balbutiements du fédéralisme budgétaire, les Etats doivent accroître leur participation avec droit de vote et de contrôle dans le secteur bancaire, mais aussi dans les entreprises stratégiques des secteurs concernés, dont la valeur actionnariale est désormais attaquée en Bourse.

 

La social-démocratie européenne doit initier des réformes fiscales améliorant la redistributivité de l'impôt de telle sorte que l'effort ne soit pas supporté par les classes moyennes et modestes. Elle doit enfin proposer aux partenaires sociaux de s'entendre sur une progression des salaires indexée sur les gains de productivité et l'inflation, pour enrayer une fois pour toutes la baisse du pouvoir d'achat de ceux qui vivent de leur travail. N'oublions pas qu'aux Etats-Unis et parmi les clones européens du modèle américain, c'est la stagnation du salaire médian qui est à l'origine de la montée de l'endettement des ménages, tiré par le crédit hypothécaire.

 

Les futures échéances électorales ne se gagneront pas "au centre". Les électeurs qui ont, par dépit, porté les nouvelles droites européennes au pouvoir appartiennent aux classes populaires. La social-démocratie partira à leur conquête ou disparaîtra.

 


Liêm Hoang-Ngoc est économiste, université de Paris-I.

Philippe Marlière est politologue, University College London.

 

Source: http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/11/13/la-soci...

 

 

 

 

vendredi, 06 juin 2008

"Le PS ne dit plus la vérité aux français"

Bonjour à tous!

 

Je vous propose en ce jour une interview du Figaro concernant un sujet intéressant de très près la scène politique française qui nous est si chère ... et reflète le fond de ma pensée depuis un fort long moment!





INTERVIEW - Exclu du Parti socialiste, le sénateur du Puy-de-Dôme vient d'adhérer au groupe RDSE (Rassemblement démocratique social et européen) qui compte désormais 17 membres.

 

LE FIGARO. Dans quel état d'esprit êtes-vous après votre exclusion du PS?
Michel CHARASSE. Très zen. Pour moi comme pour beaucoup de Français, il y a un certain temps que le niveau du PS ne dépasse pas celui des trottoirs municipaux, sujet sur lequel il faut reconnaître que les socialistes sont très bons!

 

Qu'entendez-vous par un «certain temps» ?
Le PS s'est étiolé petit à petit jusqu'à la déchirure brutale de l'échec de Lionel Jospin, en 2002. C'est comme un bassin qui se vide: contrairement à ce qui se passait sous François Mitterrand, nous ne parlons plus aux Français pour leur dire la vérité, mais pour distraire les médias sur des sujets secondaires, des questions de société qui n'intéressent le plus souvent que les minorités.

 

Vous pensez au pacs?
Oui, mais pas seulement. Que disons-nous par exemple aux Français, depuis des années, sur l'avenir des retraites? Aujourd'hui comme en 2003, au moment de la loi Fillon, nous n'avançons aucune proposition courageuse. Le gouvernement réforme tout seul, et nous ne savons que dire non. Avec, parfois, des propositions d'une démagogie effrénée: il se trouve encore des élus PS pour faire croire à des pauvres gens que nous reviendrons à 37,5 ans de cotisation! Sur un sujet fondamental qui angoisse tant les Français, les socialistes se taisent parce que dire la vérité en face, ce serait se mouiller sur la durée des cotisations, leur montant, éventuellement le niveau des retraites, sans parler de l'âge de départ! Vous les voyez, ces frileux, se lancer là-dedans? Oh, ils ont été courageux sous Rocard et sous Jospin, pour faire le bilan objectif de la situation des retraites. Mais ils se sont bien gardés d'annoncer la moindre mesure! Au fond d'elle-même, la direction du PS est ravie que la droite se tape le sale boulot. Lionel Jospin avait décidé de n'aborder le sujet qu'une fois élu, de peur, sans doute, que dire la vérité lui fasse perdre les élections. Eh bien, l'absence de vérité a réglé l'affaire!

 

Est-ce aussi la raison de l'échec de Ségolène Royal?
Entre autres. Les Français n'ont jamais su ce qu'elle ferait sur les retraites! Elle s'est bien gardée d'y réfléchir, et surtout de faire des propositions. Il faut dire qu'un sujet de cette importance est difficile à aborder dans le cadre de réunions participatives Tupperware… Je suis frappé aussi par le silence du PS sur la situation et sur l'avenir des finances publiques, sécurité sociale et budget de l'État. Le traité de Maastricht de 1992 nous impose de réduire nos déficits de 80 à 100 milliards d'euros d'ici à 2012. Il a été négocié par un président et un gouvernement socialistes, soutenu par une majorité socialiste et approuvé par référendum par les Français, appelés par le PS à voter oui! Le gouvernement actuel s'attaque au problème dans la douleur et sous les lazzis des socialistes, mais que proposent-ils à la France pour appliquer «leur» traité et pour que notre pays reste écouté et respecté en Europe?

 

Pourtant, le PS parle sans cesse des déficits…
Oui, tous les jours, sans doute pour faire sérieux et responsable. Mais quant aux solutions, c'est autre chose. Faut-il des impôts et/ou des cotisations sociales supplémentaires? Silence! Des économies budgétaires et sur les dépenses sociales? Motus! Et quand on les pousse dans leurs retranchements, ils brandissent le paquet fiscal, qu'ils proposent d'abroger, ce qu'ils ne feront pas, notamment sur les heures supplémentaires et les droits de succession. En ajoutant aussitôt qu'ils redistribueront les 15 milliards ainsi récupérés en pouvoir d'achat. 2012 attendra! En même temps, ils refusent bec et ongles la moindre participation des patrimoines au financement de la dépendance. Autrement dit, ils trouvent tout à fait normal qu'un pauvre type, qui n'aura jamais de maison ni d'appartement, paie des impôts pour permettre à un propriétaire de transmettre son bien à ses héritiers qui, peut-être, ne se sont jamais occupés de lui. C'est peut-être de la justice socialiste, mais ce n'est pas de la justice sociale! Et je pourrais citer d'autres exemples: que propose le PS pour compenser la montée du prix de l'essence, si ce n'est de laisser le pauvre Sarkozy ramer tout seul?

 

Le PS va encore vous accuser de sarkozysme…
Même exclu du PS, je reste socialiste. Je le suis depuis 46 ans, donc bien plus longtemps que beaucoup des adhérents actuels, et pas grâce à une carte à 20 balles! Je voudrais que ce parti, que j'ai servi toute ma vie parce qu'à travers lui je voulais servir la France, sorte à son prochain congrès des propositions sérieuses et courageuses. Qu'il cesse de se demander s'il est libéral ou pas, participatif ou pas… Aujourd'hui, quand on prononce le mot «partage» au PS, combien sortent leur revolver? Notre sociologie n'est plus celle du pays. François Mitterrand disait que, pour gouverner la France, il faut aimer les Français. Le nombrilisme quotidien ne me paraît pas être la forme d'amour que nos concitoyens attendent des socialistes.

 

Après votre exclusion, dans quel groupe allez-vous siéger au Sénat?
J'ai adhéré mardi au groupe RDSE, où je retrouve mes amis radicaux de gauche qui, eux, sont de vrais républicains et de vrais laïcs.

 

Le débat est lancé chers lecteurs de ce blog! Amis de droite, centristes ou de gauche à vous! 

Source: LeFigaro.fr 

 

mardi, 03 juin 2008

Effervescence au premier Conseil national du Mouvement Démocrate

 

Dans une perspective de transparence (j'entends par transparence un débat qui pourra suivre la lecture d'une telle note) sur les agissements au sein des instances du MoDem, je ne pouvais pas ne pas publier sur ce blog cet article rédigé par Eric Julliard concernant le compte rendu du dernier conseil national. D'accord avec ceci? Pas d'accord? A vos commentaires!

 

Le 14 mai 2008, c’est l’effervescence au Siège du Mouvement Démocrate à Paris, rue de l’Université : c’est la première réunion du Conseil national du Mouvement.

Conseiller national, Farid Taha arrive rue de l’Université à 9 heures 35. Après avoir signé la liste d’émargement, il entre dans la salle, presque pleine. Au passage, il s’est vu remettre, comme tous les autres participants, un document dactylographié comportant 15 amendements.


La tribune est encore vide. Saluant quelques-uns de ses collègues au passage, il s’installe sur les gradins au fond de la salle.

Puis il sort de son cartable, pour le relire, le texte, rédigé par avance, de l’intervention qu’il a prévu de faire devant le Conseil national.

Des membres du Bureau exécutif s’installent à la tribune. En l’absence de François Bayrou, c’est Jean-Marie Vanlerenberghe qui préside la séance. L’examen des amendements débute aussitôt.

Franz Vasseur prend la parole pour présenter les détails du préambule faisant l’objet de l’amendement n° 1.

Farid Taha demande ensuite la parole dans l’intention de lire le texte qu’il a préalablement préparé. Ce texte traite principalement :
- des dysfonctionnements ayant affecté l’élaboration et l’examen du projet de règlement intérieur national proposé,
- du caractère tardif de la diffusion du projet soumis à examen, effectuée la veille de la réunion du Conseil national,
- des conditions discutables de convocation des Conseillers nationaux, certains des membres fraîchement élus au titre du Collège des Élus ayant été sollicités seulement la veille par téléphone.

Le micro est remis à Farid Taha, qui prend place à l’emplacement où se trouvait Franz Vasseur lors de sa propre intervention.

Farid Taha entreprend la lecture de son texte, qui est assez rapidement perturbée par des chahuts et même des huées. Il se tourne vers Jean-Marie Vanlerenberghe, Président de séance, et sollicite de sa part un appel au calme.

Jean-Marie Vanlerenberghe n’intervenant pas, Farid Taha rappelle l’assemblée à l’un des principes de la charte des valeurs du Mouvement Démocrate ("Respect de la pluralité des opinions et liberté de leur expression").

Les invectives ne cessent pas pour autant, et Farid Taha termine difficilement son intervention aux cris de : "Dégage, laisse-nous travailler !".

Un autre Conseiller national, Rémy Daillet-Wiedemann intervient ensuite sur le même registre, invitant soit à l’acceptation pure et simple du texte en son état, soit à son rejet immédiat. Il demande qu’il soit procédé à un vote. Il n’est pas donné suite à cette demande.

Quelques minutes plus tard, Farid Taha quittera la salle en déclarant : "Désolé, mais je ne peux rester et cautionner cette mascarade. C’est un simulacre de démocratie".

La conférence de presse

JPG - 20.8 ko
14h46 - début de la conférence de presse

Commencée à 14 heures 46, la conférence de presse de François Bayrou durera un peu plus de 26 minutes.

Pendant cette conférence de presse, qui se tient autour d’une table dans la cour du Siège, Farid Taha écoute comme d’autres, silencieux et attentifs, les propos de François Bayrou.

Sollicité par un autre Conseiller national qui lui demande si François Bayrou a déjà parlé ou pas du règlement intérieur, il s’écarte et va vers lui pour lui répondre.

A son retour, Bernard Lehideux a pris place en travers du chemin qui mène à l’endroit qu’il occupait, empêchant ostensiblement toute circulation. Farid Taha demande à Bernard Lehideux de s’écarter pour qu’il puisse réintégrer l’endroit. Extrait du dialogue qui a suivi :

- "Non ! Vous connaissez l’expression : qui va à la chasse …
- Non.
- Alors mon coco, tu as encore plein de choses à apprendre.
- En matière de démocratie et de savoir-vivre, j’ai l’impression que vous aussi, vous avez des choses à apprendre."

Farid Taha quittera alors le lieu de la conférence de presse pour suivre celle-ci sur les écrans vidéo installés plus loin dans la cour.

Quelque temps plus tard, la conférence de presse de François Bayrou se termine sur ces mots [00:26:09] :

JPG - 21.8 ko
15h12 – fin de la conférence de presse

"Qui voudra faire œuvre d’indépendance avec nous sera le bienvenu. Mais c’est l’œuvre d’indépendance qui passera en premier. Je vous remercie". En exprimant cette dernière phrase, poing fermé, il frappe la table de ses phalanges et se lève aussitôt.

Presque immédiatement, un attroupement se forme dans un coin de la cour : Thierry Cornillet commence tout juste une déclaration. Certains des journalistes et cameramen se dirigent vers lui, d’autres s’interrogent sur la conduite à tenir, d’autres enfin commencent à remballer leur matériel.

Quelques minutes plus tard, et alors que Thierry Cornillet continue de s’exprimer un peu plus loin, Farid Taha se dirige vers François Bayrou. Ce dernier le reconnaît et s’arrête alors qu’il s’apprêtait à remonter dans son bureau. Les deux hommes se saluent. Farid Taha tient à la main un document qu’il souhaite remettre à François Bayrou.

Il lui tend le document, tout en lui expliquant pourquoi il n’est pas d’accord avec le processus en cours autour du règlement intérieur. François Bayrou réplique que le texte a été accepté par la majorité des Conseillers nationaux. Farid Taha tente alors de commencer à expliquer que certains Conseillers n’ont pu lire leur motion en raison de l’ambiance pesante qui régnait au sein du Conseil national.

Mais les deux hommes ont à peine le temps d’engager la conversation que Bernard Lehideux surgit et crie, au beau milieu de la foule assemblée : "C’est un clown ! Arrête ton cirque …".

Une partie de la foule, qui se trouvait autour de Thierry Cornillet et se montrait déjà passablement énervée par l’intervention de ce dernier, se retourne vers François Bayrou et Farid Taha. "Il est envoyé par l’UMP ! C’est un traître !" entend-on alors.

Farid Taha se retourne vers François Bayrou, interloqué, et lui dit : "Tout de même, Monsieur Bayrou, vous lisez mon blog, vous savez ce que j’écris. Vous ne pouvez pas laisser dire que je suis envoyé par l’UMP". François Bayrou se tait. Il est sidéré.

Bernard Lehideux renchérit de plus belle : "C’est un clown, il veut faire l’intéressant devant les caméras ! Tu es tout seul mon coco, t’es seul contre 300 !".

François Bayrou dit : "C’est grotesque, tout ça". Puis il quitte la cour et se dirige vers son bureau.

JPG - 18.4 ko
Un participant explique à Farid Taha, sous l’œil attentif d’un vigile, qu’il "fout le bordel" (image montée à partir d’un panoramique vidéo)

François Bayrou parti, un délégué national crie à l’adresse de Farid Taha : "Salopard !". Les insultes fusent alors de toute part. Farid Taha tente de s’éloigner vers une cour adjacente. Le délégué national le suit et continue de l’invectiver.

Farid Taha s’arrête et se retourne. L’autre ne s’arrête pas, et les deux hommes sont bientôt presque front contre front. Farid Taha dit que de telles insultes, proférées en public, tombaient sous le coup de la loi. Puis il lui demande son nom.

Le délégué national arrache son badge et dit : "Tiens, voilà mon nom. Va porter plainte, salopard !". Sur le badge est écrit le nom suivant : Christophe Madrolle.

Pendant ce temps, Bernard Lehideux se répand en invectives. Une Conseillère nationale entend : "Ce Monsieur est un fou !". Elle l’interpelle : "Vous n’avez pas le droit de parler ainsi d’un adhérent. C’est une réunion politique. Chacun a le droit de s’exprimer".

JPG - 15.3 ko
Après lui avoir dit qu’il était chargé de le faire taire, l’homme explique désormais à Farid Taha qu’il est là pour le "protéger"

Quelques minutes après ces incidents, un homme se présente à Farid Taha. Il sort son portefeuille et montre furtivement une carte de police tout en demandant à Farid Taha de le suivre à l’écart. Puis il lui déclare : "Monsieur Taha, je vous connais et je n’ai rien contre vous, mais on m’a chargé de vous demander de vous taire".

Abasourdi, Farid Taha rétorque : "Vous réalisez ce que vous dites ? Je suis Conseiller national d’un parti politique et, dans l’enceinte même du Siège de ce parti, vous me demandez de me taire ?"

A 15 heures 37, alors que d’autres Conseillers nationaux passent à proximité, Farid Taha demande à l’homme de répéter ses propos devant eux : "Pouvez-vous répéter ce que vous venez de me dire à l’instant devant ces personnes ? Ce ne serait pas à ceux qui m’ont traité de ’clown’ et de ’salopard’ de répondre de leurs propos plutôt qu’à moi ?".

Une Conseillère nationale s’approche et s’enquiert de ce qui se passe. L’homme explique : "Ce Monsieur fait trop de bruit, il gêne le voisinage". La Conseillère nationale réplique : "Il ne fait pas davantage de bruit que les autres". L’homme : "Madame, sachez que vous êtes face à la loi et que vous devez obéir à la loi".

Le mari de la Conseillère nationale intervient à son tour : "Ce n’est pas ce Monsieur qui fait du bruit et du désordre. C’est vous. Eloignez-vous et il n’y aura plus de désordre".

Le ton s’adoucit. L’homme affirme qu’il voulait seulement protéger Farid Taha parce qu’il pensait qu’il s’estimait menacé. Cependant, l’homme avertit : "Vous allez être appelé par qui de droit pour répondre de ce qui s’est passé". Les Conseillers nationaux témoins de la scène demandent à l’homme de cesser, rien ne justifiant disent-ils "une telle interpellation".

Un peu avant 16 heures, François Bayrou reparaît avec Bernard Lehideux et se dirige vers sa voiture, fendant la foule encore dense des Conseillers nationaux : "Laissez-moi passer, je n’ai pas de temps à perdre. Je vais à l’Assemblée". Au moment où il monte dans sa voiture, il dit à voix basse : "Les clowns c’est terminé. Maintenant, au travail".

Quelques minutes plus tard, il est non pas à l’Assemblée, mais attablé dans un restaurant proche. Rémy Daillet-Wiedemann s’y trouve.

Une brève discussion s’engage [1]. Rémy Daillet-Wiedemann pose une question à François Bayrou : "Êtes-vous satisfait de votre Conseil national, et pouvez-vous comprendre que l’on souhaite un vrai Conseil national ?" La réponse de François Bayrou est immédiate : "Cher ami, dans un vrai Conseil national, pensez-vous que vous seriez élu ?".

 


 

Cette affaire autour de Farid Taha constitue à mon sens un vrai problème. Pas pour Farid Taha, entendons-nous bien. Mais pour le Mouvement Démocrate ou plutôt, pour ses dirigeants et en particulier le premier d’entre eux.

En vérité, le Président du Mouvement Démocrate a plusieurs problèmes :

Son premier problème, c’est qu’il semble indispensable en toutes circonstances. Étant absent, il avait confié la présidence de la réunion du Conseil national à une personne qui, n’ayant effectué aucun rappel à l’ordre alors que la situation dégénérait, n’a pas été en mesure de faire respecter l’expression de la pluralité des opinions. Existe-t-il, au-delà de la personne de son Président, quelqu’un qui, au sein du Mouvement, est susceptible d’animer une simple réunion de manière acceptable ?

Son deuxième problème, c’est qu’il a nommé à un poste qui requiert une certaine maîtrise de soi quelqu’un qui en a singulièrement manqué dans des circonstances où rien ne justifiait un comportement aussi outrancier. Aussi je m’interroge : qui Bernard Lehideux voulait-il faire taire ? Farid Taha, ou bien Thierry Cornillet, qui parlait effectivement à ce moment-là devant micros et caméras ?

Son troisième problème, c’est qu’un panel de menteurs et de manipulateurs totalement dévoués à son service, aussi peu talentueux que peu sourcilleux de vérité, ont travesti les faits et se sont répandus à l’envi sur les blogs pour désigner Farid Taha comme coupable de faits qui ne lui sont en aucun cas imputables. Les menteurs et manipulateurs sont sans doute fort utiles en temps de guerre. Mais sommes-nous en guerre ? Et qu’allons-nous bien pouvoir en faire si nous sommes en temps de paix ?

Son quatrième problème, c’est que quantité d’adhérents non présents sur place et qui, bien entendu, ne se sont pas donné la peine de vérifier les "informations" qu’on leur délivrait, ont pris fait et cause contre Farid Taha sur la foi de simples rumeurs. Un adhérent naïf apparaît comme beaucoup plus dangereux qu’un dictateur avisé. Certes, ce peut être un avantage lorsqu’il s’agit d’expliquer quel bulletin glisser dans l’urne à l’occasion d’une élection. Mais cela peut devenir un lourd handicap dès lors qu’il s’agit d’imaginer et de bâtir ensemble un projet de société.

Enfin, son cinquième problème, c’est qu’il va falloir qu’il règle les quatre autres.

A tous ceux qui, dans cette lamentable affaire, se sont sciemment égarés en actions ou pensées concertées et qui en ont perdu leur honneur, je veux témoigner ici d’un irrémissible mépris.

A ceux qui, par peur, se sont tus, je veux dire mon inquiétude et ma déception. Pourtant, je veux aussi les assurer de ma compréhension, car nous savons tous combien il n’est pas facile d’être libre.

A tous ceux qui ont cru sans nuance, mais aussi sans calcul, à ce qu’ils ont lu ou ce qu’on leur a dit, je veux dire ma tristesse. Je ne perds pas cependant tout espoir. Mais je les exhorte à faire preuve à l’avenir de discernement lorsque des "informations" parviennent trop facilement à leur portée.

Source: http://www.francedemocrate.info/spip.php?article519

 

 

mardi, 08 avril 2008

Vers la reconstitution de l'UDF?

1799691989.jpgPARIS (AFP) — Des parlementaires déçus de la stratégie du président du MoDem François Bayrou veulent "faire revivre" l'UDF et envisagent d'ores et déjà de "travailler sur des sujets concrets" avec les députés du Nouveau Centre, qui avaient rejoint Nicolas Sarkozy lors de la présidentielle.

"Je veux faire revivre l'UDF", a réaffirmé ce week-end le sénateur Jean Arthuis, en annonçant qu'il quittait le Mouvement Démocrate (MoDem), selon lui dans une "impasse stratégique".

La semaine dernière, le député européen Thierry Cornillet a lancé une pétition demandant un "congrès de renaissance de l'UDF", et espère recueillir "une centaine de signatures de grands élus".

Depuis le lendemain des municipales, très difficiles pour le MoDem, M. Arthuis réclame une réunion rapide du comité directeur de l'UDF.

La date de cette réunion a été "fixée au mercredi 16 (avril) à 18h00, en plein accord avec Michel Mercier", président du groupe centriste au Sénat, a indiqué lundi M. Bayrou.

Le Congrès de décembre, qui a entériné la naissance du MoDem, avait désigné un bureau d'une vingtaine de membres pour veiller sur "les intérêts juridiques, matériels et moraux" de l'UDF, pendant une période transitoire de trois ans.

Au Sénat, le groupe de 30 centristes, dont 10 siègent au bureau exécutif du MoDem et cinq sont au Nouveau Centre, a d'ailleurs gardé le nom UDF.

M. Bayrou a cependant écarté tout retour au passé. "Je ne reviendrai en rien en arrière, je ne cèderai rien", a-t-il déclaré dimanche dans le Grand rendez-vous Europe1-TV5-Le Parisien.

"L'UDF s'est transformée (en MoDem) de par les volontés de ses militants et de ses responsables", a-t-il fait valoir. "Il y a une délibération qui le dit, je la ferai respecter".

Pour l'un de ses fidèles, l'ex-député Gilles Artigues, "l'approche des élections sénatoriales explique cette brusque agitation".

"C'est à l'UMP que Jean Arthuis doit sa présidence de la Commission des finances au Palais du Luxembourg et il faut bien plaire à celui qui vous a fait roi", a-t-il contre-attaqué.

Le Nouveau Centre se félicite des derniers développements. "S'engager dans une bataille juridique" pour reconstituer l'UDF, récupérer ses locaux et son financement, serait "juste", mais "ce serait une procédure très longue", souligne le député Maurice Leroy, futur porte-parole national, qui préfère inviter les déçus du MoDem à rejoindre le NC.

Si M. Arthuis exclut cette option, il n'écarte pas un rapprochement avec les 23 députés du NC. Il comptait parmi la vingtaine de sénateurs centristes qui ont participé la semaine dernière à un dîner organisé au ministère de la Défense par le président du parti Hervé Morin, avec deux autres ministres NC, André Santini et Valérie Létard.

Il y a été décidé que "les parlementaires du groupe UDF au Sénat et du Nouveau Centre travailleront ensemble sur des sujets concrets, comme la réforme des institutions", a indiqué M. Mercier.

Ce dernier, qui est trésorier du MoDem et aurait refusé un poste de secrétaire d'Etat dans le dernier remaniement, a lui aussi pris ses distances avec l'ex-candidat à la présidentielle, sans toutefois quitter le mouvement.

Certains centristes se demandent cependant si les élections de septembre au Sénat ne lui donneront pas l'occasion de couper les ponts avec M. Bayrou. Ce qui risquerait d'accélérer l'éloignement des sénateurs, avec à la clé un enjeu financier: le MoDem touche cette année quelque 1 million d'euros au titre du financement public lié à ses sénateurs.

dimanche, 06 avril 2008

Ce qui devait arriver arrive: Jean Arthuis quitte le MoDem

 

Ce qui nous pendait au nez depuis longtemps a fini par arriver... Après Jean-Marie Cavada, un autre membre de choc du MoDem nous quitte ... No comment, mes commentaires sur le sujet sont réservés pour plus tard ou je risque de saupoudrer ce billet de mots trop acidulés. Je vous propose l'article du Monde sur le sujet. 

1984271655.jpgLe sénateur de Mayenne Jean Arthuis, président de la commission des finances du Sénat, annonce sa décision de quitter le Mouvement démocrate (MoDem), dans un entretien à paraître dans le "Journal du Dimanche. "Je ne reviendrai pas sur ma décision. Je quitte le MoDem. Je n'y ai plus ma place. Et la plupart des sénateurs du groupe pensent comme moi", explique-t-il avant d'ajouter qu'"aujourd'hui, le MoDem est inaudible. Il ne dit plus rien sur rien".

 

Le président du conseil général de Mayenne ne rejoint pas pour autant le Nouveau Centre, créé entre les deux tours de la présidentielle par les ex-UDF ralliés à Nicolas Sarkozy. "Il n'en est pas question. Je n'irai pas au Nouveau Centre, pas plus qu'à l'UMP. Je suis centriste, viscéralement attaché à l'existence d'un centre indépendant en mesure de nouer des alliances dans la clarté". "L'UDF n'est pas morte, contrairement à ce que certains tentent de faire croire", ajoute-t-il, demandant de nouveau "que soit rapidement convoqué le comité directeur de l'UDF".

 

M. Arthuis fait partie des élus qui avaient pris leurs distances avec le président du MoDem François Bayrou ces derniers mois. Au lendemain des municipales, il avait jugé que ces élections montraient "l'échec de la stratégie d'autonomie" du MoDem et réaffirmé sa volonté de "faire revivre" l'UDF. "J'ai plusieurs fois tiré la sonnette d'alarme : on ne gouverne pas un parti comme une secte", explique-t-il au JDD.

 LEMONDE.FR avec AFP | 05.04.08 | 19h02  •  Mis à jour le 05.04.08 | 19h03

mardi, 18 mars 2008

MoDem: entre constat d'échec et perspectives d'avenir

Un fait m'a profondément interloqué ces derniers mois: une croyance inébranlable et intrinsèque à une bonne partie des nouveaux adhérents du MoDem en une victoire promise à notre parti politiques lors des échéances électorales que nous venons de passer. Le constat est accablant pour eux: faire 8 % des voix alors qu'ils étaient persuadés de faire 20 %... Pourtant ce score est logique et plutôt flateur même pour un parti vieux de trois mois à peine et qui n'a eu que ce laps de temps pour se creuser une place au sein de l'échiquier politique français dominé par les deux monolythes par exellence: l'UMP et le PS. Comment espérer une victoire écrasante et une vague oragen déferlant et emportant tout sur son passage? J'ai assisté ces derniers mois à l'exacerbation de la passion démocrate qui a cruellement manqué de réalisme et de pragmatisme, d'où l'accablement de certains à l'heure actuelle.

De plus, les résultats obtenus par le MoDem au niveau hexagonal ne peuvent que nous amener à une profonde remise en question et nous invite à coucher sur le papier les différents points négatifs et les différents points positifs qui nous ont amené à figurer de la sorte durant ces fameuses élections municipales et cantonales 2008. Tout n'est pas noir, tout n'est pas blanc mais force est de constater que notre parti a commis des erreurs de jeunesse. Des perspectives d'avenir sont à élaborer et une remise en question aussi bien institutionnelle qu'idéologique est à effectuer:

  • Concernant la ligne de conduite, il me parait fondamental de jouir d'une ligne directrice CLAIRE ET COHERENTE. Nous ne pouvons que nous interroger sur les effets à long terme de la "stratégie" électorale usitées récemment. Nous nous trouvons à l'heure actuelle dans la plus extrême confusion et notre électorat s'en trouvé désabusé et dans le flou artistique le plus total. Il me parait indispensable dans le futur de posséder une stratégie claire dès le début et à laquelle on se tient quoi qu'il arrive. Indépendance? Alliances? Avec qui? Comment? Pourquoi? Par le biais de discussions internes entre responsables et militants, par le biais de discussions publiques, d'interventions auprès d'autres partis politiques, nous devons y arriver.

  • Concernant la communication, il me parait vital d'exploiter à 100 % les nouvelles technologies numériques et notamment ce fabuleux outil qu'est internet. Il existe aujourd'hui une nébuleuses de sites et de wiki consacrés au Mouvement démocrate. Une rationnalisation du système me paraitrait judicieuse afin de disposer d'une plate forme cohérente, souple et efficace. Le wiki est un outil polyvalant et efficace tout comme les blogs. Pourquoi ne pas mettre en place pour les responsables et militants volontaires une formation aux nouvelles technologies numériques? De plus, il me parait également indispensable que le MoDem prenne position au sein de la presse locale et nationale de manière à occuper de plus en plus le champ médiatique.

  • Concernant le plan institutionnel, la réflexion doit être axée sur une meilleure répartition des compétences au sein d'une équipe nationale et au sein des équipes fédérales. Des responsabilités doivent être distribuées selon les compétences de chacun. Certains sont informaticiens et infographistes, d'autres sont juristes et spécialistes dans tel ou tel domaine, d'autres possèdent un réseau basé sur la vie associative ... il me parait nécessaire de quadriller au plus vite les compétences et les mettre au service de la structure.

  • Concernant la base idéologique, il me parait indispensable de travailler énormément sur l'élaboration d'un véritable projet de société commun qui fasse l'unanimité. Un projet clair et cohérent doit être travaillé et ancré dans les futures actions sur le terrain. Le projet du Mouvement démocrate doit être parfaitement limpide dans la tête de n'importe quel citoyen qui s'intéresse de près ou de loin à la politique.

  • Mettre un terme aux dissensions internes: ce n'est une surprise pour personne et nul n'est besoin de rappeler ce fléau gangrennant les fédérations, notamment depuis que les nouveaux adhérents cohexistent avec les anciens adhérents de l'UDF. Les équipes locales en place doivent être fédératrices et cohérente avec le projet du parti et ses positions idéologiques. La stabilité du mouvement repose sur des fédérations saines et en état de marche

  • Concernant la visibilité du Mouvement démocrate, il me parait nécessaire de mettre au point une véritable stratégie marketing afin de se forger une identité visuelle propre. Vous n'en avez pas marre que l'on vous prenne pour des salariés de l'opérateur Orange télécome à chaque opération tractage? Des campagnes sur le terrain doivent régulièrement avoir lieu afin que l'on démontre que ce parti existe en France et que le dynamisme démocrat est bel et bien présent.

mercredi, 26 décembre 2007

«Sarkozy remet en cause la laïcité républicaine»

Propos recueillis par Judith Waintraub pour le quotidien le Figaro

 

46cbb6583c5fe36255ddc9b6e704241c.jpg

 

LE FIGARO. Que pensez-vous du concept de «laïcité positive» défendu par Nicolas Sarkozy ?

François BAYROU. Quand on a besoin d'un adjectif, c'est qu'on veut changer le sens du mot. Il y a dans le discours prononcé à Saint-Jean-de-Latran quelque chose de profond, passé à peu près inaperçu, une remise en cause de la conception de la laïcité républicaine autour de laquelle, depuis la Libération, la France s'est construite. S'exprimant comme président de la République, il introduit la notion de «racines essentiellement chrétiennes» de la France, oubliant le grand mouvement d'émancipation des Lumières. Il affirme que la République a «intérêt» à compter beaucoup de croyants. Il demande aux religions, toujours dans «l'intérêt» de la République, de fonder la morale du pays. C'est le retour, qu'on croyait impossible en France, du mélange des genres entre l'État et la religion. Ce mélange des genres n'a jamais produit de bons fruits, je le dis comme citoyen, et je le dis aussi comme chrétien de conviction.

Est-ce une erreur de parler d'espérance quand on fait de la politique ?

La République n'a pas à sous-traiter l'espérance aux religions. La République est en charge de réaliser un monde meilleur, et pas d'inviter à l'attendre. Cette conception sociologique de la religion, fournissant «l'espérance» qui fait que les peuples se tiennent tranquilles et respectent les règles établies, on croyait qu'elle était loin derrière nous ! Ce n'est pas autre chose que «l'opium du peuple» que dénonçait Marx. C'est un leitmotiv chez Nicolas Sarkozy, notamment quand il a parlé des bienfaits de la présence de l'islam pour pacifier les banlieues. En réalité, l'espérance religieuse et l'espérance civique ne sont pas de même nature. Elles ne sont pas du même monde. Au demeurant, la foi, ce n'est pas seulement l'espérance, ce n'est pas seulement pour l'avenir. C'est pour le présent, c'est voir le monde et voir l'autre dans une certaine lumière qui les révèle et les grandit. C'est en cela qu'il existe un humanisme chrétien.

La République doit-elle prendre en compte ce que Nicolas Sarkozy appelle l'«aspiration spirituelle» de l'être humain, qui existe selon lui chez chacun de nous ?

L'aspiration spirituelle est un mouvement précieux de l'être humain. Sur ce point, je suis d'accord avec Nicolas Sarkozy. La société doit la respecter. Mais lorsqu'on suggère que la morale républicaine doit se fonder dans les religions, on change d'approche. D'abord, il ne revient à aucune autorité civile de trancher ainsi une question de conscience. Il est aussi anormal de voir un président dire qu'il faut se référer à la religion que d'en voir un autre affirmer qu'il faut rejeter toute religion. Cette orientation, dans un sens ou dans un autre, n'est pas dans ses compétences. De surcroît, en tenant ce discours dans une société plurireligieuse, on pré­pare les conditions d'un affrontement entre les différentes religions. Car, quand elles se contredisent, qui décidera qu'une religion est supérieure à une autre dans le domaine de la morale et des valeurs ?

Quelle est votre conception de la laïcité ?

Celle de Jules Ferry. Quand Nicolas Sarkozy dit que «jamais l'instituteur ne pourra remplacer le pasteur ou le curé» dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, parce qu'il lui «manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance», il exprime exactement le contraire du message de Jules Ferry. La morale de l'instituteur n'est pas inférieure à celle du prêtre. Pour Jules Ferry, elle est la morale universelle au genre humain, qui prend garde à ne choquer aucune des familles qui confient leur enfant aux maîtres. La laïcité est un bien très précieux que la France a su définir avant et mieux que les autres. Elle détermine un espace public à l'intérieur duquel on ne fait pas intervenir la religion par l'autorité du dogme, et un espace intime, familial, où chaque être humain cultive des convictions, une vision du monde, qu'il ne peut imposer aux autres. L'idée qui fonde la démocratie, c'est la vision géniale que Pascal a exprimée de la distinction des ordres : il y a l'ordre du pouvoir, l'ordre de la religion et l'ordre de la science. Le pouvoir doit garantir la liberté de prier et la liberté de penser dans les deux autres ordres. Mais l'homme n'est libre que si on empêche toute interférence entre ces ordres distincts. De la même façon, quand Nicolas Sarkozy établit un parallèle entre la vocation religieuse et sa vocation présidentielle, il mélange ce qui ne doit pas l'être.

Cela vous choque ?

Oui. En outre, c'est un paradoxe troublant que celui d'un pouvoir qui affiche chaque fois qu'il le peut sa complaisance avec le matérialisme financier et, en même temps, souhaite faire de la religion une autorité dans l'espace public. Cela s'est déjà produit dans l'histoire. Aujourd'hui, par exemple, chez Bush. Et cela, les citoyens républicains, laïques aussi bien que chrétiens, ne peuvent l'admettre : ils ont quelque chose en commun, c'est le «rendons à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu».

mardi, 27 novembre 2007

TF1 ou la vitrine moderne de la propagande politique, dépourvue de toute neutralité

 
Voir aussi:
 
 
Je vous laisse le soin de commenter cette video.
 
Sinon pour vous occuper, essayez de trouver combien de fois JP Pernaut a prononcé les mots "galère" et "trinquent". Le gagnant gagnera un an d'abonnement à mon flux RSS! xD

Toutes les notes